Profit factor
Niveau 6 · intermédiaireRéponse courte
Le profit factor rapporte la somme des gains à la somme des pertes sur un ensemble de trades. Au-dessus de 1,0 le système gagne, en dessous il perd, et le ratio ne dit rien de la façon dont les résultats se répartissent dans le temps.
Formule
Exemple
À ne pas confondre
Le système gagne ou il perd
Un système peut sortir gagnant avec un taux de réussite faible, et perdant avec un taux élevé. Le profit factor tranche la question par une division, d'un côté tout ce que la série a encaissé, de l'autre tout ce qu'elle a laissé. Les pertes sont prises en valeur absolue, pour que le rapport reste positif et se lise comme un multiple. Un système qui rend 3 € par euro perdu affiche 3,0, et le calcul ne demande rien d'autre que les deux sommes.
Ce que le ratio ne dit pas
Il ignore l'ordre des choses. Une série qui perd longtemps avant de rattraper son retard peut afficher un excellent ratio final et avoir vidé le compte entre-temps, parce qu'un compte ne se recharge pas pendant la traversée. Il ignore aussi l'ampleur de la pire chute, qui a son propre indicateur, et il ne dit pas si le résultat tient à la régularité ou à un accident heureux. Un seul trade hors norme suffit à porter un ratio présentable, et à le faire retomber dès qu'on l'écarte du calcul.
Deux sommes qui doivent être nettes
Le calcul n'a de sens que si les deux sommes sont nettes de ce que le trade a coûté. Commissions et spreads se paient à chaque aller-retour, et un système qui les oublie peut passer au-dessus de 1,0 dans le tableur et rester en dessous dans la réalité. On parle parfois de gains bruts et de pertes brutes pour désigner ces deux sommes non compensées, ce qui ne veut pas dire hors frais. La taille de l'échantillon compte autant que le résultat, un ratio calculé sur une poignée de trades décrit une suite de hasards avant de décrire un système.
Le repère et sa zone grise
L'équilibre à 1,0 est arithmétique, il ne dépend d'aucune convention. Au-dessus, ce sont les repères d'usage qui circulent dans la littérature du trading, qui situent la zone exploitable entre 1,5 et 2,5, un ordre de grandeur et non une mesure établie. Les valeurs très hautes méritent l'inverse de la confiance qu'elles inspirent. Un ratio au-delà de 4 se fabrique plus souvent en ajustant les paramètres sur le passé qu'en trouvant une méthode solide, et le détail des trades qui le composent compte alors plus que le chiffre.
Trois échelles différentes
Le winrate compte les trades gagnants sur le total, c'est une fréquence, et il ne dit rien de leur taille. L'espérance de gain ramène le résultat à la moyenne d'un trade, ce qui permet de comparer deux systèmes qui ne jouent pas les mêmes montants. Le r-multiple, lui, décrit un trade donné en multiples de son risque. Le profit factor travaille sur les sommes et sur la série entière, il répond à la question du système et non à celle du trade.
| Valeur | Ce que le repère indique |
|---|---|
| Sous 1,0 | Les pertes dépassent les gains, la série perd de l'argent |
| À 1,0 | Équilibre exact entre les deux sommes |
| De 1,0 à 1,5 | La marge entre gains et pertes reste mince, la moindre dérive fait basculer le système |
| De 1,5 à 2,5 | Zone que la littérature du trading lit comme exploitable, un repère d'usage plus qu'une mesure |
| De 2,5 à 4,0 | Valeurs hautes, dont la solidité dépend des trades qui les portent |
| Au-delà de 4,0 | Valeur à examiner de près, quelques trades peuvent suffire à la produire |