Surconfiance
Niveau 6 · intermédiaireRéponse courte
La surconfiance est la croyance d'être meilleur que son plan, qui pousse à sortir du cadre après une série de gains. Elle se repère moins dans l'analyse que dans la taille des positions, et c'est au premier retournement que le compte en supporte le coût.
Exemple
À ne pas confondre
- Conviction
- Biais de confirmation
- Tilt
La confiance ne se voit pas dans l'analyse
Un trader qui sort de son cadre ne se trompe pas forcément sur le marché. Son raisonnement reste souvent le même, et c'est la quantité engagée dessus qui change : une idée déjà jouée vingt fois se retrouve portée par une position deux fois plus grosse, sans qu'aucune règle ait été modifiée. Ce glissement ne se lit pas dans l'analyse, il se lit dans la taille, et c'est pour ça qu'il échappe longtemps à celui qui le vit.
Conviction et surconfiance
Les deux se ressemblent de l'intérieur, et presque tout les sépare. La conviction est une confiance adossée à un plan éprouvé, elle permet d'ouvrir un trade et de le tenir jusqu'à son objectif ou son stop. La surconfiance, que la littérature désigne aussi par excès de confiance, croit que le trader vaut mieux que son plan, et elle sort du cadre. La première vient d'un historique qu'on peut montrer, la seconde d'une impression qui ne se vérifie nulle part.
Le débutant et l'expert
David Dunning et Justin Kruger ont décrit un effet qui porte leur nom, les moins compétents d'un domaine surestiment le plus leurs capacités, faute des outils qui leur permettraient de mesurer ce qui leur manque. C'est un effet mesuré en comparant des groupes, jamais un verdict sur une personne. Une courbe en quatre temps circule sous ce nom, montant très haut au début puis retombant avant de remonter lentement. Elle a été construite après coup par des tiers et ne figure pas dans les travaux d'origine, mais elle décrit assez bien ce que traversent beaucoup de débutants.
Le cycle des gains
Le biais se nourrit des réussites. Quelques gains, dont une partie doit au hasard, suffisent à valider intérieurement une compétence, et la taille augmente juste après, quand le compte est au plus haut et que chaque pourcentage engagé pèse le plus lourd. C'est au premier vrai retournement que le compte paie l'écart, parce que le risque engagé a été décidé pendant la phase où tout réussissait. Le contrôle, lui, est factuel : comparer sur l'historique le risque pris dans les trades qui suivent une série de gains à celui que le plan prévoyait. Quand l'écart apparaît, c'est la règle qui le referme, pas la confiance.
Trois lectures voisines
Le biais de confirmation filtre les informations qui contredisent une idée, la surconfiance porte sur l'image qu'on a de sa propre capacité, et les deux se renforcent sans se confondre. Le tilt est un état qui suit une perte, la surconfiance se nourrit d'une série de gains, ce sont deux moments opposés du même rapport à la performance. Et la conviction n'est pas une version faible de la surconfiance, c'est ce qui reste quand la taille continue d'obéir au plan.
| Élément du plan | Ce que le biais en fait |
|---|---|
| La taille des positions | Elle augmente après une série de gains, sans décision écrite |
| Les limites de perte | Elles sont déplacées ou retirées pour laisser respirer la position |
| Les critères d'entrée | Ils s'élargissent aux configurations qui n'étaient pas prévues |
| La lecture des résultats | Une série de gains devient une preuve de compétence |